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" Sauvons Anastasia Hloukhovska et les 48 autres journalistes détenus par la Russie "

Tribune co-portée par Pour l'Ukraine (Pierre Raiman), Reporters sans frontières, la Fédération européenne des journalistes, et des personnalités comme Nathalie Loiseau, Claude Malhuret, Oleksandra Matviichuk et Nadia Sollogoub.

TRIBUNE PARUE DANS LE MONDE

Anastasia Hloukhovska, journaliste de Melitopol, a été enlevée par le FSB le 20 août 2023. Elle se trouverait désormais dans la prison n° 3 de Kizel, à plus de 2 700 km de chez elle, décrite par d'anciens prisonniers comme un camp de torture. La tribune demande au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et à la haute représentante de l'UE Kaja Kallas d'intervenir auprès de Moscou pour la libération immédiate d'Anastasia et de ses 48 confrères et consœurs détenus.




Des informations alarmantes nous parviennent sur la situation de la journaliste ukrainienne Anastasia Hloukhovska, originaire de Melitopol, ville ukrainienne occupée par la Russie depuis 2022. Cela fait plus de deux ans que nous sommes sans nouvelles d’elle, détenue par la Russie dans un lieu d’incarcération inconnu, sans charge ni même confirmation de son emprisonnement par le Kremlin. Elle a été aspirée par le système pénitentiaire russe. Ses collègues et sa famille la cherchent sans relâche.


Le 20 août 2023, des agents du FSB russe ont fait irruption dans son appartement, se sont saisis de tous ses documents, ordinateurs, téléphone, et l’ont emmenée vers une destination inconnue. Elle fait partie des sept journalistes et professionnels des médias travaillant pour des chaînes Telegram locales, RIA-Melitopol et Melitopol is Ukraine, qui ont été arrêtés ce jour-là par les forces russes d’occupation à Melitopol. Tous sont encore détenus.


Depuis, les autorités de la Fédération de Russie retiennent Anastasia Hloukhovska prisonnière. Une récente enquête du média d’investigation ukrainien Slidstvo.info révèle qu’après avoir été détenue à Melitopol, elle a été incarcérée dans la prison de Taganrog, tristement célèbre pour avoir été transformée en lieu de torture pour des milliers de prisonniers ukrainiens. Elle se trouverait actuellement dans la sinistre prison n° 3 de Kizel, dans le territoire de Perm, en Russie, à plus de 2 700 km de Melitopol.


C’est dans cet établissement que sont notamment détenus le maire de Dnipro-Roudny, Yevhen Matveyev, et qu’une autre journaliste ukrainienne, Viktoria Rochtchyna, aurait été torturée et assassinée en septembre 2024, après avoir été elle aussi enfermée à Taganrog. L’ancien prisonnier de guerre Yevhen Sholudko confirme la présence de Hloukhovska dans la prison de Kizel, décrite par d’anciens prisonniers ukrainiens comme un « camp de torture ».


Nous sommes inquiets de la situation dramatique dans laquelle se trouve cette journaliste, soumise à de multiples sévices et privations. Reporters sans frontières s’est adressé à plusieurs reprises aux autorités russes, au ministère russe de la défense, au Service fédéral russe des pénalités et aux autorités pénitentiaires de Kizel afin d’obtenir des nouvelles d’Anastasia et de ses confrères et consœurs détenus. Aucune réponse n’a été reçue à ce jour.


Au milieu d’un océan de détentions arbitraires, de tortures systématiques documentées, de déportations massives d’enfants, d’exécutions sommaires de civils et de militaires, Anastasia Hloukhovska apparaît, parmi des milliers de victimes hélas anonymes, comme l’un des symboles de l’oppression et de la violence inouïe que subit le peuple ukrainien. Vingt-six journalistes ukrainiens croupissent dans les geôles du Kremlin, parfois depuis près de dix ans. Ils doivent être libérés.


Ne laissons ni le silence ni la complicité engloutir le nom d’Anastasia, comme celui des 25 autres reporters ukrainiens et des 23 journalistes russes détenus par la Russie. Aujourd’hui, notre seul espoir de revoir Anastasia vivante repose sur l’intervention auprès de Moscou du ministre des affaires étrangères [Jean-Noël Barrot] et de la haute représentante de l’Union européenne [Kaja Kallas], pour obtenir la libération immédiate d’Anastasia et des 48 autres journalistes actuellement détenus dans les prisons russes.



Signataires


Tribune portée par :


Galia Ackerman, historienne, rédactrice en chef de Desk Russie

Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters Sans Frontières (RSF)

Ricardo Gutierrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (FEJ)

Nikolay Koblyakov, président de l’association Russie-Libertés

André Lange, co-fondateur et coordinateur du Comité Diderot

Nathalie Loiseau, députée européenne

Claude Malhuret, sénateur de l’Allier

Olessandra Matviichuk, directrice de l'ONG Centre pour les libertés civiles, prix Nobel de la paix 2022

Oxana Melnychuk, présidente de l'association Unis pour l'Ukraine

Natalia Pouzyreff, présidente du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale

Pierre Raiman, vice-président et co-fondateur de l'association Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Nadia Sollogoub, sénatrice de la Nièvre, présidente du groupe d’amitié France-Ukraine du Sénat

Brigitte Stora

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