Programme Avignon avec l'Ukraine 2026
Sous les bombes ou le bâillon russes, les Ukrainiens persistent. Jamais le théâtre, le cinéma, la poésie, la musique n’ont connu une telle effervescence et une telle résonance au-delà même des frontières du pays Cette vitalité créatrice sera au cœur des rencontres que nous organisons les 17 et 18 juillet, avec le concours de la Chartreuse
de Villeneuve-lès-Avignon et de la Maison Jean Vilar.

PROGRAMME AVIGNON 2026
Vendredi 17 juillet, de 18.30 à 20.00, à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon
Lectures : « Écrire dans la guerre » avec des extraits de

Moi ça va, de Nina Zakhozhenko (traduit par Estelle Delavennat)
Les Post-it, d’Ihor Nosovskyi (traduit par Iryna Piontkovska et Louise Henry)
Ces deux pièces se situent « à proximité » ─ c'est-à-dire à distance de pensée ─ des événements dont la succession, le tempo et le sens échappent à l’appréhension des personnages, tous gens ordinaires, happés par la violence de l’agression.
Mis en voix par Macha Isakova
Avec Laurent Clément, Montaine Fregeai, Lise Gervais, Dimitri Leroy et Sara Viot.
Samedi 18 juillet, de 15.00 à 17. 00, à la Maison Jean Vilar

Table ronde : « La culture ukrainienne en résistance »
La singularité de leur culture a permis la résistance séculaire des Ukrainiens à l’impérialisme russe. C’est, en effet, la culture qui constitue proprement ce qu'on nomme « un peuple ». C’est donc cette différence que voudrait effacer l'emprise totalitaire. Aussi, toute entreprise génocidaire ne se contente-t-elle pas d'exterminer des corps, mais s’efforce d’effacer ces mémoires singulières, hétérogènes à l'unité fantasmée. Dans les années 1930, après avoir décimé par la famine (le Holodomor) les paysans ukrainiens, le régime bolchévique a organisé systématiquement l’assassinat des artistes (c’est ce qu’on nomme la « Renaissance fusillée »). La même entreprise s’est poursuivie sous Brejnev avec la déportation dans les camps de grandes figures intellectuelles, comme le poète Vasyl Stous.
Comme l’écrivent Volodymyr Yermolenko et Tetyana Ogarkova dans La Vie à la lisière : « le poutinisme est le prolongement logique du bolchévisme. Aujourd’hui, quand les Russes détruisent les bibliothèques, les maisons de la culture, les théâtres et les musées ukrainiens, ils ne se battent pas contre la seule culture ukrainienne. Ils se battent contre la culture en soi. Contre la faculté humaine de se souvenir. Contre la capacité à transmettre les pensées, les sentiments et les traditions. Contre la capacité à ne pas céder à la mort. » Ce sont ces facultés humaines que défendent les artistes ukrainiens. C’est pourquoi, face à la guerre, « la culture en Ukraine ne faiblit pas, mais se renforce ».
Avec
Volodymyr Yermolenko, philosophe, essayiste et traducteur, président de Pen Ukraine, autour de son livre, La Vie à la lisière (Gallimard, 2026) coécrit avec Tetyana Ogarkova.
Olga Sagaïdak, présidente de la Coalition des acteurs culturels, ancienne directrice de l’Institut ukrainien à Paris.
Macha Isakova, comédienne et metteuse en scène (directrice de la compagnie « AIR »), créatrice et directrice, depuis 2023, de la Semaine de la dramaturgie ukrainienne au Théâtre du Soleil.
Alain Guillemoles, journaliste, envoyé spécial à Kyiv, auteur d’un reportage sur le pillage des collections des musées ukrainiens par la Russie (La Croix, 5 mai 2026)
Lectures d’extraits de La Vie à la lisière et de poèmes de Vasyl Stus et Artur Dron par Laurent Clément, Montaine Fregeai, Lise Gervais, Dimitri Leroy et Sara Viot






