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« Si nous ne voulons pas assister à ce qui ressemble à une guerre génocidaire contre les civils, il nous faut au plus vite secourir la population ukrainienne »

Tribune co-portée par Pour l'Ukraine (Sylvie Rollet et Pierre Raiman) parue dans Le Monde, signée par Galia Ackerman, Aurélien Duchêne, Nicolas Tenzer, Françoise Thom, Cécile Vaissié, le général Michel Yalovleff et des dizaines d'autres.

TRIBUNE PARUE DANS LE MONDE

Au bout de quatre années de bombardements systématiques des infrastructures civiles, le doute n'est plus permis : le but de guerre de Poutine est d'anéantir toute vie civile en Ukraine par la terreur. La tribune associe deux urgences — le bouclier aérien SkyShield pour les zones non occupées, et l'application du cadre humanitaire People First pour les captifs des territoires occupés — et interpelle le Président de la République.



Au bout de quatre années d’une guerre qui a vu l’armée russe pilonner systématiquement les infrastructures civiles ukrainiennes ─ immeubles d’habitation, hôpitaux et maternités, universités et bibliothèques, et, chaque hiver, les installations qui alimentent le pays en énergie ─ le doute n’est plus possible : Poutine a décidé d’anéantir purement et simplement toute vie civile en Ukraine, afin d’obtenir par la terreur l'effondrement moral de la population. Quel est donc le crime de ces voisins auxquels le Kremlin dénie toute existence et toute histoire singulière ? Ils ont osé choisir la liberté et refusé, depuis 2014, la vassalisation que leur a imposée, des siècles durant, l’impérialisme russe.


La Russie n’a évidemment nul besoin de nouveaux territoires. Les ressources des espaces immenses sur lesquels règne la fédération sont largement inexploitées, ses villages se dépeuplent, ses routes ne sont plus entretenues, etc. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine, comme celle de la Crimée et d’une partie du Donbass huit ans plus tôt, répondent à un autre objectif : effacer l’existence même du peuple ukrainien en le russifiant.


Si nous ne voulons pas assister, passifs et complices, à ce qui ressemble fort à une guerre génocidaire, systématiquement menée contre les civils, il nous faut au plus vite nous porter au secours de la population. L’ONG Price of Freedom a étudié la faisabilité d’une zone de protection aérienne capable d’intercepter les missiles, bombes guidées et drones russes au-dessus du territoire ukrainien occidental. Cette proposition, baptisée « SkyShield », a été validée par plusieurs centaines d’experts et haut-gradés militaires. Elle entrerait dans les compétences des forces armées de la Coalition des volontaires impulsée par Macron.


Pourrons-nous compter sur le Président de la République pour en engager la mise en œuvre de ce bouclier aérien, avec une vigueur comparable à celle qu’il a mise dans la création de la Coalition des volontaires ? Pourrons-nous compter également sur son soutien à la population civile des territoires occupés ? Car la situation des Ukrainiens des zones contrôlées par la Russie n’est pas moins dramatique que celle des habitants de l’Ukraine assiégée. Les chiffres documentés par les organisations de défense des droits humains révèlent l'ampleur de la terreur exercée sur la population et confirment l’intention du Kremlin : détruire physiquement et moralement les civils, briser leurs liens avec l’Ukraine et procéder à leur russification totale.


Près de 20 000 enfants ont été arrachés à leur pays ; moins d'un sur dix a pu revenir. Mais au-delà de ces déportations, des centaines de milliers de mineurs grandissent sous occupation, soumis dès la maternelle à un endoctrinement qui vise à en faire, demain, les soldats de l'ennemi.

Au moins 16 000 civils — probablement bien davantage — ont été enlevés et sont détenus illégalement et au secret sur le sol russe. Torture, violences sexuelles, traitements dégradants disparitions, meurtres : le droit international est bafoué chaque jour dans ces centres de détention dont certains ne reviendront jamais.

Quant aux trois millions d'habitants des zones occupées, ils vivent sous la contrainte permanente : passeport russe imposé sous peine de tout perdre — logement, droits parentaux, accès aux soins. Même cette soumission forcée ne les protège pas : l'expropriation se poursuit, méthodique, pour faire place à des colons venus de Russie.


C’est pourquoi la Coalition des volontaires doit imposer, dans les pourparlers avec la Russie, le cadre humanitaire réclamé dans l'appel People First, lancé par les Prix Nobel de la paix 2022, l’Ukrainienne Oleksandra Matviichuk et le Russe Oleg Orlov : permettre à une délégation internationale du CICR d'accéder à l'ensemble des captifs et des enfants déplacés de force ; obtenir le retour de ces enfants dans leurs familles ; exiger la libération de tous les civils détenus illégalement, en Russie comme dans les territoires occupés ; organiser le rapatriement des prisonniers de guerre ; garantir à tout Ukrainien qui le souhaite la possibilité de quitter les zones sous contrôle russe ; mettre fin, partout, à la russification forcée.


Deux urgences, une même exigence. Pour les civils de l'Ukraine libre, bombardés chaque jour par les missiles et les drones du Kremlin, la Coalition des volontaires doit engager sans délai la mise en œuvre de SkyShield : un bouclier aérien capable de protéger les villes, les hôpitaux, les écoles, les centrales électriques — tout ce qui permet à un pays de rester debout. Pour les civils des territoires occupés, la Coalition doit imposer le cadre humanitaire de l'appel People First comme préalable à toute négociation. Tolérer l'occupation sans exiger la libération des captifs et des enfants, c'est abandonner des millions d'êtres humains à l'effacement de leur identité, de leur langue, de leur existence. Ces mesures sont les conditions minimales d'une paix qui ne soit pas un accord honteux.


L'Europe s'est construite, après 1945, sur une promesse : ne plus tolérer l'anéantissement des peuples, ne plus abandonner des civils à la barbarie. Cette promesse, c'est aujourd'hui en Ukraine qu'elle se tient ou qu'elle se brise. L'Ukraine est notre première ligne de défense. Protéger les Ukrainiens, c'est défendre ce que nous sommes, c'est nous défendre.




Signataires


Tribune portée par :


Galia Ackerman, historienne, rédactrice en chef de Desk Russie.

Aurélien Duchêne, consultant en géopolitique, chroniqueur pour la chaîne LCI, enseignant à l'ILERI.

Pierre Raiman, historien, Vice-Président de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Sylvie Rollet, professeure émérite des universités, Présidente de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Constantin Sigov, philosophe, Directeur du Centre d’études européennes à l’université Mohyla de Kyiv.

Nicolas Tenzer, senior fellow Center for European Policy Analysis (CEPA)

Françoise Thom, historienne et soviétologue, maître de conférences honoraire en histoire contemporaine à l'université Paris-Sorbonne.

Cécile Vaissié, professeure des universités en études russes, soviétiques et postsoviétiques. 

Emmanuel Wallon, professeur émérite de sociologie politique

Michel Yalovleff, Général (2S) de l’Armée de terre.

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