Lancement officiel de la campagne « Ensemble sauvons les otages civils ukrainiens »
Cent villes pour seize mille otages : les premières mailles d'un bouclier civique européen.
APPEL DE LANCEMENT
À deux mille cinq cent ou trois mille kilomètres de Paris, dans le Donbass occupé, ou isolés dans l’empire Russe, à Olevnika, à Tanganrog, seize mille civils ukrainiens sont détenus arbitrairement dans les prisons de Poutine. Une campagne citoyenne se lance pour les arracher au silence — par le parrainage municipal. Voici le texte d'ouverture du lancement de « Ensemble Sauvons les Otages Ukrainiens », porté par l'association Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! (Pour l'Ukraine), l'Union des Ukrainiens de France et les mouvements ukrainiens “RETURN FREEDOM” et Civilni Vilni.
Seize mille personnes.
Seize mille civils ukrainiens — femmes, hommes, journalistes, enseignants, prêtres, maires, simples citoyens — détenus arbitrairement par la Russie. Seize mille vies arrachées aux leurs, enfermées quelque part, à deux mille kilomètres d'ici, dans le silence.
Ce silence, il est temps de commencer à le briser.
Ce qu'ils sont
Ce ne sont pas des combattants. Ce sont des civils. Ils n'ont commis aucun crime. Ils ont été arrêtés pour ce qu'ils sont, non pour ce qu'ils ont fait.
Des journalistes, parce qu'ils informaient. Des enseignants, parce qu'ils refusaient les programmes russes imposés à leurs élèves. Des maires, parce qu'ils avaient été démocratiquement élus. Des prêtres, parce qu'ils refusaient l'Église corrompue de Moscou. Des parents, parce qu'ils refusaient qu'on russifie leurs enfants. Des athlètes qui étaient des exemples, des volontaires civils.
Des gens ordinaires, attachés à leur langue, à leur drapeau, à leur pays.
Pourquoi le mot « otage »
Pourquoi parlons-nous d'otages ? Parce que le mot a un sens juridique précis. La Convention internationale de 1979, la Quatrième Convention de Gen ève, le Statut de Rome : un otage, c'est une personne capturée pour exercer une pression sur un tiers — un gouvernement, une population, une organisation internationale.
Ces civils, la Russie ne les détient pas pour ce qu'ils ont fait. Elle les détient comme monnaie d'échange et comme instrument de terreur, comme levier pour les négociations à venir, pour obtenir demain des concessions territoriales, militaires, diplomatiques. C'est une prise d'otages au sens strict du droit international. C'est-à-dire un crime de guerre.
Ce crime a une histoire. Chaque fois que l'Ukraine a tenté de naître comme nation libre et européenne — la République populaire de 1917 et la brève renaissance culturelle des années 1920 fauchée par l'Holodomor et la terreur stalinienne, les dissidents jetés au Goulag dans les années soixante, et aujourd'hui l'Ukraine de Maïdan agressée depuis 2014 —, l'Empire a opposé la même réponse : effacer un peuple en effaçant d'abord ceux qui l'incarnent. Ses enseignants, ses journalistes, ses prêtres, ses maires, ses élus locaux. Les disparitions forcées que nous dénonçons aujourd'hui dans les territoires occupés ne sont pas un dommage collatéral de la guerre : elles en sont le projet même.
Ce que nous lançons
Nous lançons donc, ce soir, avec nos partenaires — l'Union des Ukrainiens de France, et nos amis ukrainiens de Return Freedom et de Civilni Vilni / Civils Libres — la campagne « Ensemble Sauvons les Otages Ukrainiens ». Elle est ouverte à toutes les organisations qui se reconnaissent dans la défense des prisonniers ukrainiens.
Quatre objectifs. Simples. Clairs.
Briser le silence sur les territoires occupés — Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, la Crimée. Kherson martyrisée mais résistante. L'Europe doit savoir ce qui s'y passe : les disparitions forcées, la russification, la terreur quotidienne.
Sortir les otages de l'anonymat. Leur donner un nom, un visage, une histoire. Aucun otage oublié.
Exiger l'accès du CICR, de l'ONU, de l'OSCE aux lieux de détention, et la prise en charge médicale des prisonniers, dont beaucoup sont gravement malades ou blessés.
Obtenir leur libération. Faire de la libération des otages civils, et du retour des enfants déportés, une condition sine qua non de toute négociation avec Moscou. Pas d'accord de paix sans eux.
Quatre axes d'action
Comment y parvenir ? Par quatre axes complémentaires.
D'abord, les événements publics et les films. Deux documentaires sont à la disposition de qui voudra les projeter — Izolyatsiya d'Igor Minaiev, sur le centre de détention illégal de Donetsk, et Prisoners: The System of Terror d'Evgenya Chirikova, sur la détention des civils ukrainiens. Leurs réalisateurs sont disponibles pour accompagner les débats, en présentiel ou en visioconférence.
Ensuite — et c'est le cœur opérationnel de notre dispositif — le parrainage des otages par les municipalités. Une commune française, belge ou suisse s'engage à parrainer nommément un prisonnier civil ukrainien, avec l'accord écrit de sa famille. Elle exige officiellement sa libération et lui donne une visibilité publique durable. Notre objectif : cent villes, deux cents otages parrainés d'ici fin 2026. Chaque conseil municipal qui adopte un vœu de parrainage rend visible un visage, un nom — et place sa ville aux côtés d'un otage.
Puis, une lettre ouverte au Président de la République, pour qu'il porte cette cause au plus haut niveau européen et international.
Enfin, un engagement public des gouvernements français, belge, suisse et de l'Union européenne : qu'aucun cessez-le-feu n'ait de sens sans la libération des otages civils et le retour des enfants déportés.
Ce que nous vous demandons
Vous êtes nombreux ce soir. Vous êtes élus, militants, journalistes, citoyens, Ukrainiens de France, amis de l'Ukraine. Cette campagne ne se fera pas sans vous.
Si vous êtes élu : portez le parrainage devant votre conseil municipal. Si vous connaissez un élu : parlez-lui demain. Si vous êtes journaliste : écrivez sur ces otages. Si vous êtes citoyen : organisez une projection, une rencontre dans votre ville, contactez vos élus. Et tous : mobilisez votre entourage.
Cent villes. Deux cents otages parrainés. Un nom, un visage, une voix pour chacun.
C'est ce que, avec Sylvie Rollet, nous appelons « le commencement d'un bouclier civique européen ».
Une annonce
Une dernière chose. Et c'est une annonce.
La première demande officielle de prise de contact en vue d’un parrainage vient d'être adressée à la ville de Paris.
Paris, première ville sollicitée. Paris, qui peut, dans les semaines qui viennent, devenir la première grande capitale européenne à parrainer deux otages civils ukrainiens : Anastasia Hloukhovska, journaliste emprisonnée depuis trois ans, et Oleg Shevandin, disparu dans les geôles du Kremlin depuis 2015 — et ouvrir la voie à cent autres villes, en France et en Europe.
Alors ce soir, nous demandons trois choses, trois mots.
Connaître. Dire. Agir.
Connaître ces otages. Dire qui ils sont, partout autour de vous. Agir, dans votre ville, dès cette semaine. Prenez contact avec la campagne en écrivant à appelpourlukraine@gmail.com
Gloire à l'Ukraine.
