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C’est à la Russie de payer et à l’Europe de l’y contraindre

  • Collectif Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !
  • Nov 30, 2025
  • 6 min read

Updated: Dec 13, 2025


Tribune parue dans Le Monde en date du 9 décembre 2025, sous le titre " « C’est à la Russie de payer, et l’Europe doit l’y contraindre »



 

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Le plan de paix imaginé par le Kremlin et la Maison-Blanche ne réclame rien de moins que la reddition de l’Ukraine, ce qui ouvrirait les portes de l’Europe à l’armée russe. Face à cette trahison de l’allié transatlantique, nous, Européens, devons plus que jamais manifester notre solidarité et offrir un appui à un peuple qui, depuis près de quatre ans, résiste héroïquement malgré les bombardements ciblant systématiquement les civils.


Seulement, cette solidarité a un coût, qui ne peut évidemment peser sur les seuls contribuables européens. Aussi est-ce à la Russie de payer et à l’Europe de l’y contraindre. Les établissements bancaires européens disposent, en effet, de plus de 200 milliards d’euros d’avoirs publics russes immobilisés, dont l’essentiel chez Euroclear en Belgique.


La proposition de la Commission européenne n’est pas de confisquer ces avoirs, mais de les utiliser comme garantie d’un prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine au nom de l’Union. L’Ukraine serait invitée à rembourser le prêt une fois que la Russie aura mis fin à sa guerre d’agression et accepté de compenser les dommages causés. Le montant de ces réparations était, fin 2024, évalué par la Banque mondiale plus de 500 milliards d’euros, soit plus de trois fois le montant du prêt. Celui-ci équivaudrait donc à une avance.


Cette démarche est parfaitement licite. Elle s’appuie sur le droit coutumier international, codifié en 2001 par l’ONU sous le titre « La responsabilité de l’État pour fait internationalement illicite », qui permet aux États lésés de prendre des contre-mesures proportionnées pour faire cesser l’agression et réparer les dommages. La jurisprudence internationale confirme cette licéité, dès lors que les conditions de proportionnalité, de temporalité et de réversibilité sont respectées. L’essentiel des fonds souverains russes détenus en Europe se trouvant en Belgique, on comprend que le Premier ministre belge Bart De Wever exige des garanties de ses partenaires européens (ces 140 milliards équivalent à plus de 20% du PIB belge).


Trois éléments nourrissent, en effet, l’inquiétude de la Belgique. Il y a d’abord la crainte de voir les investisseurs étrangers se détourner d’Euroclear, mais aussi l’incertitude face à une hypothétique levée des sanctions contre la Russie, qui permettrait à Moscou d’exiger le remboursement immédiat de ses avoirs, et enfin la possibilité de représailles à l’encontre des avoirs belges détenus par la Russie.


Or, ces inquiétudes peuvent être facilement levées. Concernant le risque « réputationnel » et la crainte d’une fuite des investisseurs non européens, ils relèvent d’une méconnaissance du droit international : ne peuvent être menacés que les fonds souverains d’un État reconnu par l’assemblée générale de l’ONU explicitement coupable d’une guerre d’agression. Quant à la santé financière d’Euroclear même, l’institution gère 42 500 milliards d’euros d’actifs. Les 140 milliards du prêt ne représentent que 0,3% de ce total. En outre, quand on considère l’immensité des crimes commis par la Russie, il paraît, sur le plan des principes, pour le moins indécent de mettre en avant les intérêts financiers d’une entreprise privée. Ceux-ci ne sauraient compter quand la survie d’un État et la sécurité du continent européen sont en jeu.


S’agissant d’un hypothétique recours en justice de Moscou, sa probabilité est extrêmement faible. Aucune juridiction internationale n’a compétence pour juger cette affaire sans l’accord des parties et la Russie elle-même n’a jamais tenté de contester le gel initial de ses avoirs en 2022 devant la Cour internationale de Justice, car elle sait que sa demande ne pourrait aboutir. En outre, si elle engageait une procédure, elle renoncerait ipso facto à son immunité juridictionnelle, ce qui ouvrirait la voie à  des poursuites à son encontre.


Enfin, les représailles russes ne relèvent pas de la conjecture, mais d’une réalité bien présente. Moscou a déjà gelé 17 milliards d’euros d’actifs occidentaux déposés en Russie. Le prêt n’aggraverait guère la situation.


Il est donc impératif que l’ensemble des partenaires européens fasse droit à la demande belge de mutualisation européenne des risques. Face à l’agression russe, la Belgique ne peut être laissée seule en première ligne et l’UE doit afficher son unité. L’Europe n’est d’ailleurs pas seule. La Norvège, qui a bénéficié d’une manne gazière estimée à plus de 200 milliards d’euros depuis l’invasion et qui n’est pas membre de l’UE, envisage de contribuer à la garantie du prêt. Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie pourraient aussi être sollicités.


Surtout, le coût de cette garantie collective doit être comparé à celui de l’inaction. Si l’Ukraine s’effondre faute de moyens, l’Europe devra assumer des coûts bien supérieurs : extension du conflit et risque de guerre sur le sol européen, flux massifs de réfugiés, déstabilisation géopolitique durable, signal catastrophique envoyé à tous les agresseurs potentiels.


C’est précisément pour de tels moments que l’Union européenne a été créée. La devise « Unis dans la diversité » n’a de sens que si les États membres se montrent solidaires face à l’adversité. L’Europe a déjà prouvé sa capacité à surmonter ses réticences et à franchir ses propres lignes rouges sur le dossier ukrainien. Elle doit le faire une fois encore. Le prêt adossé aux avoirs russes constitue le moyen le plus efficace, le moins coûteux et le plus juste de soutenir la défense et l’économie ukrainiennes, sans peser sur les contribuables européens déjà beaucoup sollicités pour d’autres raisons.


Abandonner ce projet sous la pression des menaces russes signerait une victoire stratégique majeure de Vladimir Poutine. Elle montrerait que le chantage fonctionne, que l’Europe peut être divisée, que l’agresseur peut compter sur notre pusillanimité. À l’inverse, la mise en œuvre de ce prêt enverrait trois messages décisifs : l’agression coûte cher à la Russie, l’Europe est unie, l’Ukraine tiendra.




Tribune portée par

Léa Balage El Mariky, députée de Paris

Julien Bayou, avocat, ancien député

André Klarsfeld, secrétaire de l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine, Vice-Présidente du groupe d’amitié France-Ukraine de l’Assemblée Nationale

Nathalie Loiseau, députée européenne

Laurent Mazaury, député des Yvelines, secrétaire de la commission des Affaires étrangères

Nadia Sollogoub, sénatrice de la Nièvre, présidente du groupe d’amitié France-Russie du Sénat

Nicolas Tenzer, spécialiste des questions internationales et de sécurité, auteur de Notre Guerre : le crime et l'oubli

Boris Vallaud, député des Landes, président du groupe Socialistes et apparentés de l'Assemblée nationale

Olivier Védrine, politologue, administrateur de l’association Jean Monnet



Signataires parlementaires

1. Anna Pic, députée de la Manche

2. Marie Récalde, députée de Gironde

3. Pierre Pribetich, député de Côte d'Or

4. Thierry Sother, député du Bas-Rhin

5. Isabelle Santiago, députée du Val-de-Marne

6. Belkhir Belhaddad, député de Moselle

7. Karim Benbrahim, député de Loire-Atlantique

8. Valérie Rossi, députée des Hautes-Alpes



Signataires belges

  1. Francis Biesmans - économiste-statisticien, Professeur émérite à l'Université de Lorraine 

  2. Samuel Cogolati, docteur en droit international et ex-coprésident d'Ecolo (Belgique). 

  3. Paul de Grauwe, Professor, John Paulson Chair in European Political Economy, London School of Economics and Political Science

  4. Pierre Klein, professeur, Centre de droit international, ULB.

  5. André Lange, ancien maître de conférences à l’Université de Liège et à l’ULB, ancien responsable de département au sein d’une organisation internationale.

  6. Gérard Roland, auparavant E. Morris Cox Professor of Economics and Professor of Political Science à UC Berkeley et à l'Université libre de Bruxelles



Premiers signataires

  1. Denis-Laurent Bouyer, critique d'art

  2. Michel Caillouët, ancien ambassadeur de l'Union européenne

  3. Gilles Chevalier, contrôleur général des armées (2S)

  4. Didier Coureau, Professeur des universités en études cinématographiques, Université Grenoble Alpes

  5. Aurélien Duchêne, consultant en géopolitique, défense et gestion des risques

  6. Michel Duclos, ancien ambassadeur

  7. Jacky Fayolle, économiste-statisticien

  8. Arthur Kenigsberg,  président fondateur d’Euro Créative

  9. Firas Kontar, essayiste

  10. David di Nota, écrivain

  11. Jean-Yves Pranchère, professeur de philosophie politique à l'Université libre de Bruxelles

  12. Sylvie Rollet, professeure émérite des universités, présidente de Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre!

  13. Valérie de Saint-Do, autrice

  14. Jean-Sébastien Steil, directeur abbaye de Lagrasse

  15. Jean-Luc Vayssière, professeur des universités

  16. Marie-Françoise Verdun, magistrate honoraire

  17. Othar Zourabichvili, président de l'Association Géorgienne en France



Notre pétition #MakeRussiaPay sur change.org, lancée le 27 novembre, a déjà atteint les 23 000 signatures.

N'hésitez pas à la signer et recevez nos mises à jour sur le prêt réparations de 140 milliards.



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