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TRIBUNE

« Quand la France Insoumise et le RN parlent comme le Kremlin »

À quelques jours d'intervalle, Lavrov, Mariani et Mélenchon ont tenu des propos d'une troublante similarité sur la légitimité de Zelensky. Pour l'Ukraine décrypte la convergence entre l'extrême gauche, l'extrême droite françaises et les narratifs du Kremlin. Tribune parue dans Ouest-France le 18 septembre 2025, portée par Sylvie Rollet, Pierre Raiman, André Klarsfeld et d'autres membres de Pour l'Ukraine.

À quelques jours d’intervalle, trois dirigeants politiques ont tenu des propos d’une troublante similarité sur la guerre en Ukraine.


1. « Zelensky ne peut pas signer l'accord de paix car il est illégitime » (Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Russie, 24.8.25) ;

2. « Le mandat présidentiel de Zelensky est fini depuis mai 2024 » (Thierry Mariani, député européen du RN et candidat RN à la législative partielle de Paris, 27.8.25) » ;

3. « Le départ de Zelenski est la condition de l'accord. Tout simplement parce que son mandat est fini » (Jean-Luc Melenchon, La France Insoumise, 14.8.25).


Ces déclarations, curieusement concomitantes, pourraient sortir de la bouche du même homme. La synchronisation entre des acteurs politiques qui prétendent s'opposer marque clairement la convergence des extrêmes européens avec la propagande du Kremlin.


L’axe commun de ces affirmations concerne la légitimité de Volodymyr Zelensky. Exiger son « départ » comme « condition de l'accord » reprend littéralement le plan de Poutine : obtenir un changement de régime à Kiev. Or cette position feint d’ignorer plusieurs faits élémentaires. En effet, la Constitution ukrainienne interdit l'organisation d'élections sous loi martiale. Zelensky conserve en outre un soutien populaire massif : 77% des Ukrainiens continuent à lui faire confiance, selon les derniers sondages indépendants. Curieusement, la légitimité de Vladimir Poutine ─ président depuis 25 ans, empoisonneur d'opposants, organisateur d'élections truquées ─ ne semble pas poser de problème aux représentants des « insoumis » et du RN !


Mélenchon et Mariani vont très loin dans la désinformation : l’un et l’autre dénoncent l’interdiction des « syndicats et partis d'opposition », alors que seuls les partis explicitement pro-russes ont été suspendus, l'opposition démocratique continuant à s'exprimer. Jean-Luc Mélenchon prétend enfin que les dirigeants européens ont « accepté en 2008 à Budapest le scénario d'annexion par l'OTAN de l'Ukraine et de la Géorgie ». Or, la réalité historique est exactement inverse ! Sous la pression de l'Allemagne et de la France, l'OTAN a refusé d'accorder le Plan d'Action pour l'Adhésion à ces pays, ce qui a précisément encouragé Poutine à envahir la Géorgie quatre mois plus tard.


Mais le plus révélateur reste la conclusion du blog de Mélenchon : « Un gouvernement insoumis aura les mains libres pour engager tout autre chose, tout autrement, pour que la France puisse déployer son offre de non-alignement altermondialiste. Une tout autre Europe peut être en vue. »


Cette « tout autre Europe » passe donc par l'abandon de l'Ukraine et l'acceptation du fait accompli russe. Or, céder à Poutine reviendrait à donner un blanc-seing à tous les régimes autoritaires : si l'agression paie en Europe, pourquoi la Chine se priverait-elle de Taiwan ? Le « non-alignement » mélenchonien ressemble étrangement à un alignement sur l’axe qui relie Moscou, Pékin, Pyongyang et Téhéran. La France insoumise rejoint ainsi l'extrême droite européenne et les partisans d’un « monde multipolaire », euphémisme sous lequel se déguise un monde où la force l’emporte sur le droit.


Face à l'agression russe, il n'y a pas de « troisième voie » : abandonner l'Ukraine signerait l'arrêt de mort du projet européen. C'est exactement ce que souhaitent les ennemis de l’Europe, qu'ils siègent à Moscou, au Parlement européen ou... à l'Assemblée nationale française.




Signataires


Tribune portée par :


Galia Ackerman, historienne, rédactrice en chef de Desk Russie

André Gattolin, universitaire, ancien sénateur

Jean-Paul Lefebvre, conseiller municipal (DVG) de Noisy-le-Sec, administrateur de Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

André Markowicz, traducteur

Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue

Alexis Nuselovici, professeur émérite des universités

Pierre Raiman, historien, vice-Président de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !  

Sylvie Rollet, professeure émérite des universités, présidente de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !  

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