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CAMPAGNE - 

Spoliation des biens culturels

Pour l'Ukraine documente et plaide pour que l'effacement délibéré de l'identité ukrainienne soit reconnu comme crime de guerre

Depuis 2022, PLU mène l'enquête de référence sur le pillage systématique du patrimoine culturel ukrainien — un crime planifié au sommet de l'État russe, documenté en partenariat avec la Raphael Lemkin Society et le Projet Argo. En juin 2025, PLU a déposé une communication historique à la CPI visant Vladimir Poutine et huit hauts responsables russes pour crimes de guerre. PLU a publié une tribune dans Le Monde pour l'exclusion d'ICOM Russie, et animé une table ronde sur les spoliations à l'Inalco avec Desk Russie. La lutte contre l'effacement d'une culture millénaire se poursuit.
 

 Ce que Pour l'Ukraine demande concrètement 

 Comprendre l'enjeu 

La double russification

propriété des biens + récit historique — les deux armes de l'effacement

La spoliation culturelle ukrainienne n'est pas un dommage collatéral de la guerre : c'est une stratégie délibérée d'effacement identitaire, planifiée avant même l'invasion à grande échelle. Elle opère sur deux fronts simultanément : la propriété des biens culturels (pillage, réenregistrement législatif, intégration dans les collections russes) et le récit qui les entoure (expositions glorifiant la Novorossiya, destruction des inventaires, réécriture de l'histoire). Effacer les preuves de la propriété ukrainienne, c'est effacer la preuve que l'Ukraine a existé.

Christian Castagna, responsable du plaidoyer de Pour l’Ukraine — entretien Tyzhden, mars 2025

L'enquête de Pour l’Ukraine établit que le pillage repose sur quatre mécanismes structurels, planifiés au sommet de l'État russe depuis 2014.

Une préméditation documentée au plus haut niveau de l'État
 
Le FSB et les autorités d'occupation envoyaient des administrateurs civils établir l'inventaire des musées avant le pillage. La Douma a adopté un arsenal législatif transformant les biens culturels des oblasts annexés en propriété russe. Ce n'est pas du vandalisme de guerre : c'est de la planification soviétique appliquée au crime culturel — avec Poutine, Narychkine (SVR) et le Ministère de la Culture comme commanditaires.

La destruction des preuves comme stratégie d'impunité

Systématiquement, lors du pillage des musées (Kherson, Marioupol, Melitopol), les Russes détruisent les inventaires et catalogues. Résultat : l'Ukraine doit reconstituer la propriété de chaque objet depuis zéro — procédure quasiment impossible. L'UNESCO elle-même le reconnaît : « quand les Russes volent des œuvres d'art, ils détruisent les inventaires ». L'effacement des preuves est une arme juridique à part entière.

Un pillage massif aux chiffres documentés — et 77 musées intégrés de force dans le catalogue d'État russe
 
À Kherson, plus de 13 000 objets ont été dérobés du musée Shovkunenko et du musée d'histoire locale par des conservateurs encadrés par le FSB. La collection d'or des Scythes de Melitopol a simplement disparu. À Marioupol, des œuvres majeures d'Aïvazovski et de Kouïndji ont été saisies par les militaires. Les collections de 77 musées ukrainiens des territoires occupés figurent désormais au catalogue d'État du fonds muséal de la Fédération de Russie. Depuis mai 2023, des « recommandations méthodologiques » du Ministère russe de la Culture dictent aux directeurs de musées comment monter des expositions glorifiant l'« opération militaire spéciale ».

Une indifférence institutionnelle internationale qui interroge

Le président d'ICOM Russie, Vassily Pankratov, revendique ouvertement la politique de russification des musées occupés. Des membres d'ICOM comme Yuriy Komlev documentent publiquement leur travail de russification dans l'oblast de Donetsk — et sont décorés pour cela par l'État russe. À ce jour, l'organisation internationale des musées n'a pris aucune mesure d'exclusion. C'est cette inaction que Pour l'Ukraine interpelle.

 Ce que cache les 526 sites endommagés (UNESCO, 15 avril 2026(

Derrière ce chiffre global, la réalité est celle d'une stratégie d'effacement totale, tous registres confondus :

  • 153 édifices religieux détruits ou endommagés — effacer la vie spirituelle ukrainienne

  • 39 musées touchés, pillés ou transformés

  • 275 immeubles historiques et artistiques — la mémoire urbaine détruite

  • 21 bibliothèques et 1 archive — l'interdiction de la langue et de la mémoire écrite

  • 4 sites archéologiques dont Chersonèse, patrimoine mondial de l'UNESCO

  • Plus de 1,7 million d'objets volés dans les territoires occupés

« Aujourd'hui, nous sommes au seuil de l'irréversibilité dans ce qui se passe dans les oblasts occupés. »

— Christian Castagna, Pour l’Ukraine — Tyzhden, mars 2025

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