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CAMPAGNE - 

Spoliation des biens culturels

Pour l'Ukraine documente et plaide pour que l'effacement délibéré de l'identité ukrainienne soit reconnu comme crime de guerre

Depuis 2022, Pour l'Ukraine mène l'enquête de référence sur le pillage systématique du patrimoine culturel ukrainien — un crime planifié au sommet de l'État russe, documenté en partenariat avec la Raphael Lemkin Society et le Projet Argo.

En juin 2025, Pour l'Ukraine a déposé
une communication historique à la Cour pénale internationale (CPI) visant Vladimir Poutine et huit hauts responsables russes pour crimes de guerre.

Pour l'Ukraine a
publié une tribune dans Le Monde pour l'exclusion d'ICOM Russie, et animé une table ronde sur les spoliations à l'Inalco avec Desk Russie.

Le combat contre l'effacement d'une culture millénaire se poursuit.

 

526

sites culturels ukrainiens
endommagés depuis février 2022

1 700 000

œuvres d'art et biens culturels
volés dans les territoires occupés

9

responsables russes nommés dans la communication CPI de Pour l'Ukraine

 Ce que Pour l'Ukraine demande concrètement 

Pour l'Ukraine et ses associations partenaires appellent aux actions suivantes :​​​

De la Cour pénale internationale (CPI)

  • émettre des mandats d'arrêt contre Poutine et 8  hauts responsables russes

​Dont Golikova, Molchanov, Lyubimova, Narychkine, Malgin, Piotrovsky, Shkolnik — pour crimes de guerre contre le patrimoine culturel ukrainien.​​

De l'International Council of Museum (ICOM) 

  •  exclure immédiatement l'ICOM Russie et ses membres complices​

Dont Komlev (Orenbourg) et Pankratov, dont les activités de russification des musées ukrainiens occupés constituent des crimes reconnus par l'UE.

De l'Union européenne  (UE)

  • étendre ses sanctions aux directeurs de musées complices 

Au-delà du cas Morozova : sanctionner l'ensemble des acteurs institutionnels impliqués dans la politique d'effacement de l'identité culturelle ukrainienne.

De la Biennale de Venise

 

  • Refuser le retour du pavillon russe tant que la guerre d'agression se poursuit

La réouverture du pavillon russe en 2026, orchestrée par une commissaire liée au Kremlin, est une opération de réhabilitation culturelle. 

 Comprendre l'enjeu 

La double russification

propriété des biens + récit historique — les deux armes de l'effacement

La spoliation culturelle ukrainienne n'est pas un dommage collatéral de la guerre : c'est une stratégie délibérée d'effacement identitaire, planifiée avant même l'invasion à grande échelle. Elle opère sur deux fronts simultanément : la propriété des biens culturels (pillage, réenregistrement législatif, intégration dans les collections russes) et le récit qui les entoure (expositions glorifiant la Novorossiya, destruction des inventaires, réécriture de l'histoire). Effacer les preuves de la propriété ukrainienne, c'est effacer la preuve que l'Ukraine a existé.

Christian Castagna, responsable du plaidoyer de Pour l’Ukraine — entretien Tyzhden, mars 2025

L'enquête de Pour l’Ukraine établit que le pillage repose sur quatre mécanismes structurels, planifiés au sommet de l'État russe depuis 2014.

Une préméditation documentée au plus haut niveau de l'État
 
Le FSB et les autorités d'occupation envoyaient des administrateurs civils établir l'inventaire des musées avant le pillage. La Douma a adopté un arsenal législatif transformant les biens culturels des oblasts annexés en propriété russe. Ce n'est pas du vandalisme de guerre : c'est de la planification soviétique appliquée au crime culturel — avec Poutine, Narychkine (SVR) et le Ministère de la Culture comme commanditaires.

La destruction des preuves comme stratégie d'impunité

Systématiquement, lors du pillage des musées (Kherson, Marioupol, Melitopol), les Russes détruisent les inventaires et catalogues. Résultat : l'Ukraine doit reconstituer la propriété de chaque objet depuis zéro — procédure quasiment impossible. L'UNESCO elle-même le reconnaît : « quand les Russes volent des œuvres d'art, ils détruisent les inventaires ». L'effacement des preuves est une arme juridique à part entière.

Un pillage massif aux chiffres documentés — et 77 musées intégrés de force dans le catalogue d'État russe
 
À Kherson, plus de 13 000 objets ont été dérobés du musée Shovkunenko et du musée d'histoire locale par des conservateurs encadrés par le FSB. La collection d'or des Scythes de Melitopol a simplement disparu. À Marioupol, des œuvres majeures d'Aïvazovski et de Kouïndji ont été saisies par les militaires. Les collections de 77 musées ukrainiens des territoires occupés figurent désormais au catalogue d'État du fonds muséal de la Fédération de Russie. Depuis mai 2023, des « recommandations méthodologiques » du Ministère russe de la Culture dictent aux directeurs de musées comment monter des expositions glorifiant l'« opération militaire spéciale ».

Une indifférence institutionnelle internationale qui interroge

Le président d'ICOM Russie, Vassily Pankratov, revendique ouvertement la politique de russification des musées occupés. Des membres d'ICOM comme Yuriy Komlev documentent publiquement leur travail de russification dans l'oblast de Donetsk — et sont décorés pour cela par l'État russe. À ce jour, l'organisation internationale des musées n'a pris aucune mesure d'exclusion. C'est cette inaction que Pour l'Ukraine interpelle.

 Ce que cache les 526 sites endommagés (UNESCO, 15 avril 2026(

Derrière ce chiffre global, la réalité est celle d'une stratégie d'effacement totale, tous registres confondus :

  • 153 édifices religieux détruits ou endommagés — effacer la vie spirituelle ukrainienne

  • 39 musées touchés, pillés ou transformés

  • 275 immeubles historiques et artistiques — la mémoire urbaine détruite

  • 21 bibliothèques et 1 archive — l'interdiction de la langue et de la mémoire écrite

  • 4 sites archéologiques dont Chersonèse, patrimoine mondial de l'UNESCO

  • Plus de 1,7 million d'objets volés dans les territoires occupés

« Aujourd'hui, nous sommes au seuil de l'irréversibilité dans ce qui se passe dans les oblasts occupés. »

— Christian Castagna, Pour l’Ukraine — Tyzhden, mars 2025

 Actualités de la campagne 

1 juillet 2025

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - DÉPÔT COMMUNICATION CPI

La spoliation du patrimoine culturel ukrainien par la Russie : dépôt d'un dossier à la CPI

Pour l'Ukraine retrace la préméditation du pillage culturel ukrainien : la Douma qui légifère pour transformer les biens ukrainiens en propriété russe, le FSB qui envoie ses agents inventorier les musées avant le pillage — et le démantèlement méthodique du site UNESCO de Chersonèse, documenté par satellites de 2015 à 2024.

20 mai 2025

COMMUNIQUÉ

L'UE sanctionne Elena Morozova — Pour l’Ukraine exige qu'ICOM fasse de même

Le 17e paquet de sanctions de l'UE frappe pour la première fois un acteur de la spoliation culturelle : Elena Morozova, directrice du musée de Chersonèse (Crimée), site UNESCO transformé en complexe de propagande et base logistique militaire. Pour l’Ukraine salue cette avancée inédite et interpelle ICOM pour qu'il exclue ICOM Russie et ses membres complices, dont Komlev (Orenbourg), décoré par l'État russe pour son travail de russification du Donbass.

26 avril 2025

TRIBUNE - LE MONDE ET PRESSE INTERNATIONALE

« La Russie s'approprie le patrimoine artistique ukrainien en le "russifiant" dès que c'est possible »

Tribune co-signée par Konstantin Akinsha, Emmanuel Daoud (avocat CPI), Vitaliy Tytych (Raphael Lemkin Society), Francesca Thyssen-Bornemisza (Museums for Ukraine), Olga Sagaïdak (ancienne directrice de l'Institut ukrainien en France) et Sylvie Rollet (présidente de Pour l’Ukraine).

18 mars 2025

ENTRETIEN - TYZHDEN

« La spoliation de la culture ukrainienne contribue à nourrir le crime de génocide »

Enquête sur la préméditation : le rôle de la Douma, du FSB, du Ministère de la Culture — et le cas Chersonèse. Par Christian Castagna

24 février 2025

TABLE RONDE - INALCO, Paris

« Violences et spoliations dans les territoires occupés »

À l'occasion du troisième anniversaire de l'invasion, Pour l’Ukraine anime une table ronde co-organisée avec Desk Russie à l'Inalco.

21 février 2025

PODCAST - UKRAINE CRISIS MEDIA CENTER

Culture ukrainienne, un combat existentiel — avec Christian Castagna et Kseniya Kravtsova

Podcast L'Ukraine face à la guerre, par L'Ukraine Crisis Media Center

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