CAMPAGNE -
Ensemble, sauvons les otages civils ukrainiens
Plus de 16 000 civils ukrainiens sont détenus illégalement en Russie. Des journalistes, des élus, des habitants ordinaires — soumis à la torture, aux disparitions forcées, à la russification. Ils ont des noms. Ils ont des familles. Ils ne doivent pas disparaître dans les négociations. Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !, l'Union des Ukrainiens de France, l'association RETURN FREEDOM et le mouvement Civilni Vilni plaident ensemble pour que la libération des otages civils ukrainiens devienne une condition sine qua non de tout accord avec Moscou.
Comprendre l'enjeu
Plus de 16 000 Ukrainiennes et Ukrainiens civils sont actuellement détenus arbitrairement par la Russie
(Estimations du Centre pour les libertés civiles ; jusqu'à 20 000 selon l'ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets)
Une typologie large — les otages civils ukrainiens sont des femmes et des hommes ordinaires arrachés à leur vie par l'occupation russe en raison de leur identité ou de leur engagement civique :
▸ journalistes et professionnels des médias ;
▸ enseignants et éducateurs ayant refusé d'imposer les programmes russes ;
▸ maires et élus locaux enlevés pour avoir exercé leur mandat démocratique ;
▸ sportifs et entraîneurs ;
▸ parents ayant refusé la russification de leurs enfants ;
▸ simples citoyens attachés à leur culture et à leur nationalité ukrainienne.
Pourquoi parler d'otages ?
Le mot « otage » désigne une qualification juridique précise au regard du droit international. Selon la Convention internationale contre la prise d'otages (1979) et la Quatrième Convention de Genève (article 34), un otage est une personne capturée et détenue pour faire pression sur un tiers — un gouvernement, une population, une organisation — afin d'obtenir une concession.
C'est exactement ce que la Russie pratique depuis 2014 et plus encore depuis 2022. Les civils ukrainiens sont arrachés à leurs foyers ou enlevés dans les territoires occupés non pour ce qu'ils ont fait, mais pour ce qu'ils représentent : l'identité ukrainienne, sa mémoire, sa résistance. Ils sont ensuite transportés dans des centres de détention russes, où Moscou les utilise comme monnaie d'échange et levier de pression — pour obtenir des concessions territoriales, militaires ou diplomatiques. Cette pratique est précisément la définition juridique de l'otage.
Au regard du Statut de Rome (article 8.2.a.viii), la prise d'otages est un crime de guerre. L'Ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets, le Centre pour les libertés civiles, l'OSCE-ODIHR et la Mission de surveillance de l'ONU en Ukraine emploient unanimement le terme « civilian hostages ».
Une longue continuité historique
Cette politique d'élimination des représentants de la société civile ukrainienne s'inscrit dans une continuité historique russe et soviétique — de l'Holodomor (1932-1933), qui fut précédé de l'élimination méthodique de l'élite culturelle, scientifique et religieuse ukrainienne, jusqu'aux disparitions forcées d'aujourd'hui dans les territoires occupés.
Les objectifs de la campagne
1. Faire connaître la situation des populations des territoires occupés
Briser le silence qui entoure les habitants des oblasts de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson, et de la Crimée — soumis à des disparitions forcées, à la russification et à la terreur quotidienne.
2. Sortir les otages civils de l'anonymat
Donner un nom, un visage et une histoire à chaque détenu — par le parrainage municipal et les événements publics — pour qu'aucun ne reste oublié.
3. Obtenir de la Russie des informations sur leur sort
Exiger l'accès des organisations internationales (CICR, ONU, OSCE) aux lieux de détention et la prise en charge médicale des prisonniers, dont beaucoup sont gravement malades ou blessés.
4. Obtenir leur libération
Mobiliser les opinions publiques européennes et leurs gouvernements pour que la libération des otages civils devienne une condition sine qua non de toute négociation avec Moscou.
« Cette campagne est la réponse des citoyens à une question simple : que peut faire une ville face à une guerre impériale qui prend les civils pour cibles ? Elle peut donner un nom, un visage et une voix à un détenu enfermé dans le silence à deux mille kilomètres de là. Elle peut refuser l'oubli. Cent municipalités parrainant deux cents otages, c'est le commencement d'un bouclier civique européen. »
— Sylvie Rollet et Pierre Raiman, présidente et vice-président de PLU





