15 mai 2026
Communiqué de Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !
Pour combler son retard, la France doit coproduire avec l'Ukraine
Alors que la Loi de programmation militaire (LPM) en cours d’examen revient lundi devant l’Assemblée nationale, Pour l’Ukraine pour leur liberté et la nôtre ! rend public son plaidoyer « Urgence drones. France–Europe–Ukraine ». Celui-ci s’appuie sur un travail d’analyse nourri des contributions de nombreux experts militaires, industriels et en géopolitique.
Notre plaidoyer alerte : le retard français sur les drones et les moyens anti-drones n’est plus seulement une faiblesse capacitaire, il devient un risque stratégique majeur. Pour y répondre nous appelons le Gouvernement et le Parlement à faire de la filière drones France–Europe–Ukraine un pilier de l’actualisation de la LPM.
1. Le contexte : la guerre des drones a changé la donne et nous menace déjà
Des frappes massives en Ukraine aux attaques de drones contre des bases et des navires au Moyen-Orient, les drones et munitions téléopérées sont devenus un instrument central de la conduite des guerres contemporaines.
En mars 2026, la Russie a tiré plus de 6 400 drones sur l'Ukraine en un seul mois. Ces attaquent relèvent d’une stratégie délibérée du Kremlin visant à épuiser les défenses ukrainiennes. L’Ukraine sert aujourd’hui de champ d’expérimentation à une doctrine russe de frappes par drones qui, demain, pourrait être mise en œuvre contre les pays européens.
La Russie a déjà à plusieurs reprises testé nos propres capacités de défense. Dernier épisode en date : le 7 mai 2026, deux drones ukrainiens brouillés par la guerre électronique russe se sont écrasés en Lettonie, dont l'un sur un site pétrolier. La défaillance des défenses aériennes lettones a contraint le ministre de la Défense et la Première ministre à démissionner.
1. Le contexte : la guerre des drones a changé la donne et nous menace déjà
Des frappes massives en Ukraine aux attaques de drones contre des bases et des navires au Moyen-Orient, les drones et munitions téléopérées sont devenus un instrument central de la conduite des guerres contemporaines.
En mars 2026, la Russie a tiré plus de 6 400 drones sur l'Ukraine en un seul mois. Ces attaquent relèvent d’une stratégie délibérée du Kremlin visant à épuiser les défenses ukrainiennes. L’Ukraine sert aujourd’hui de champ d’expérimentation à une doctrine russe de frappes par drones qui, demain, pourrait être mise en œuvre contre les pays européens.
La Russie a déjà à plusieurs reprises testé nos propres capacités de défense. Dernier épisode en date : le 7 mai 2026, deux drones ukrainiens brouillés par la guerre électronique russe se sont écrasés en Lettonie, dont l'un sur un site pétrolier. La défaillance des défenses aériennes lettones a contraint le ministre de la Défense et la Première ministre à démissionner.
2. L’Ukraine dispose aujourd’hui de l’une des armées les plus avancées en matière de guerre des drones.
Forte d’un écosystème de start-up sans équivalent sur le continent et d’une production désormais massive, elle a forgé au combat une expertise unique, déjà reconnue et sollicitée par plusieurs partenaires étrangers. Pour autant, l’Ukraine ne peut pas gagner seule : elle a besoin de partenariats structurants avec ses alliés européens pour faire face à la guerre d’attrition par la masse, structurer et pérenniser son industrie de défense, et bâtir une filière commune de drones capable de protéger durablement notre sécurité commune.
3. Le constat : la France accuse un retard critique
Plusieurs pays européens – dont l’Allemagne, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège ou encore le Royaume-Uni – ont déjà conclu des coentreprises structurantes avec des fabricants de drones ukrainiens. La France, elle, se limite pour l’instant à quelques accords isolés, sans vision de filière. Malgré la rallonge prévue dans l’actualisation de la LPM, la France ne dispose ni d’une filière industrielle souveraine de drones, ni d’un cadre de coopération structuré avec l’Ukraine, seul pays à disposer d’un retour d’expérience massif en guerre de haute intensité
4. La proposition : trois mesures simples, décidables dès maintenant
L’enjeu est de bâtir une politique industrielle commune où chaque investissement conjoint avec l’Ukraine renforce à la fois sa capacité à tenir le front et à reprendre l’initiative militaire et notre propre sécurité ainsi que l’activité économique de nos territoires.
Le plaidoyer complet formule huit propositions pour bâtir une filière de drones Europe–Ukraine ; ce communiqué en met en avant trois, jugées prioritaires et immédiatement actionnables :
• La création d’un Fonds drones France de 3 milliards d’euros d’ici 2030, fléché vers des coentreprises franco-ukrainiennes et des achats conjoints coordonnés entre États membres dans le cadre des mécanismes européens existants, pour une production massive de drones livrée rapidement à l’Ukraine et au front Est, plutôt que de remplir des stocks appelés à devenir obsolètes.
• Le lancement d’un programme structuré de transferts de technologies entre entreprises françaises, européennes et ukrainiennes, impliquant les grands groupes mais aussi notre tissu de PME et start-up.
• L’initiative d’une coalition d’États volontaires pour le déploiement rapide de drones et d’anti-drones sur le flanc Est, en coordination étroite avec l’OTAN, afin de tester, entraîner et durcir nos dispositifs en conditions réelles plutôt que d’attendre que la menace nous frappe
« Chaque euro investi en coproduction avec l’Ukraine doit à la fois protéger les Ukrainiens, combler notre retard sur les drones, renforcer notre sécurité et soutenir l’emploi dans nos territoires. Pour Kyiv, c’est l’espoir concret de tenir et de reprendre l’initiative. »
Anne Marleix, responsable du plaidoyer « Urgence drones. France–Europe–Ukraine ».
Ce plaidoyer a reçu le soutien de nombreuses personnalités issues des armées, du monde de la recherche, des think tanks et du secteur industriel. Parmi elles :
– Guillaume Ancel, ancien officier, chroniqueur de guerre ;
– le général (2S) Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre ;
– Tara Varma, directrice Prospective stratégique au German Marshall Fund ;
– Nicolas Tenzer, Senior fellow au Center for European Policy Analysis (CEPA) ;
– Xavier Tytelman, ancien aviateur militaire, consultant aéronautique et défense.
Sur demande, nous pouvons vous mettre en contact avec des militaires, des experts et des industriels du secteur des drones pour des interviews.
À propos
Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! est une association créée en 2022, engagée pour le soutien de l’Ukraine sur les plans politique, juridique et militaire. Elle conduit des actions de plaidoyer auprès des décideurs français et européens, et contribue à informer l’opinion publique sur les enjeux du conflit, la nécessité d’un soutien durable et l’adaptation de nos politiques de défense.
