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Battons Poutine dans les urnes !

Dernière mise à jour : 26 juin

Tribune parue dans Ouest France le 25 juin 2024



L’avenir de la France se joue dans les isoloirs en même temps que sur le sol ukrainien. Meurtrière là-bas, la guerre en Ukraine nous affecte ici. Pour y mettre fin, il faut faire perdre Poutine. Chacune, chacun de nous en a le pouvoir, en donnant sa voix aux candidats qui refusent l’accommodement avec son régime criminel. Battons Poutine dans les urnes.


Depuis des années, la Russie nous mène une guerre hybride : marée d’informations mensongères, sape des processus électoraux, corruption d’élus, de journalistes et de décideurs, sabotage d’infrastructures… Dans quel but ? Celui d’amplifier nos divisions pour disloquer l’Europe et briser les règles du droit international. Sa brutale invasion de l’Ukraine est le fer de lance d’un plus vaste projet de démantèlement de l’Europe démocratique.


La hausse des prix de l’énergie et des aliments qui afflige les Français est due en partie à cette guerre d’agression. Certains mouvements politiques exploitent ces difficultés à des fins électorales. Au lieu de prendre fait et cause pour les Ukrainiens qui défendent leurs vies, leurs cités et leurs libertés, ils absolvent le régime de Poutine de sa responsabilité. Loin d’aider l’Ukraine à obtenir protection et réparation, ils lui demandent des concessions qui seraient autant de triomphes pour Moscou, à commencer par le gel du conflit qui entérinerait ses conquêtes.


De telles ambiguïtés s’expriment dans plusieurs partis, y compris à gauche, mais la palme de la complaisance revient sans conteste au Rassemblement national. Ses dirigeants, qui n’eurent jusqu’en 2022 que des mots aimables pour Poutine, ont investi aux législatives de nombreux candidats connus pour leur zèle aveugle envers le Kremlin.


Or une victoire de la Russie, outre ses terribles conséquences pour les populations ukrainiennes livrées à la dictature, impacterait fortement la vie quotidienne des Français les moins favorisés. La mainmise russe sur la production agricole et les ressources ukrainiennes renforcerait les moyens de chantage de Poutine. Il pourrait d’autant mieux jouer des pénuries pour provoquer des hausses de prix. Il pourrait aussi, avec son allié biélorusse, manipuler les crises migratoires que cette victoire amplifierait. Ses hackers redoubleraient leurs cyberattaques, qui ciblent déjà notre système de santé. Il serait encouragé à dépecer d’autres pays (Géorgie, Moldavie…). Nous serions contraints d’intensifier encore davantage l’indispensable essor de nos dépenses de défense.


Faire barrage au RN est donc d’une importance vitale. Les Françaises et les Français doivent préférer les candidats qui, quel que soit leur parti, s’opposent clairement à Poutine. Les futurs députés seront mis au défi de s’engager : à augmenter les livraisons d’armes à l’Ukraine afin qu’elle puisse se défendre et restaurer ses frontières ; à faire payer la Russie pour les destructions qu’elle a causées ; à ne pas presser Kyiv d’abandonner des territoires et leurs habitants aux horreurs de l’occupation ; à préparer l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne ; à œuvrer au retour des enfants déportés ; à soutenir les Russes qui s’opposent à la guerre et sont persécutés pour cela ; à renforcer les défenses de l’Europe.


Au lendemain des législatives, toute majorité issue des urnes aura la charge historique de porter un projet solidaire du peuple ukrainien dans sa résistance à l’envahisseur, un projet qui défendra ainsi la liberté et la sécurité de tous, en France et en Europe. Le 30 juin et le 7 juillet, battons Poutine dans les urnes !



Battons Poutine dans les urnes

Signataires :


Gilles Chevalier, contrôleur général des armées (2S) 

André Gattolin, ancien sénateur 

Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue 

Olga Prokopieva, présidente de Russie-Libertés 

Sylvie Rollet, présidente de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! 

Emmanuel Wallon, sociologue

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