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Aidons à protéger le ciel ukrainien

Dernière mise à jour : 2 juin




 

En association avec Ukraine Libre, Unis pour l'Ukraine, Union des Ukrainiens de France et Kalyna, une conférence-débat a eu lieu le 14 mai 2024:


Quelle est la situation sur le front ?

  • La victoire de l'Ukraine est-elle encore possible ? Sa défaite est-elle exclue ?

  • Quelles sont les défenses anti-aériennes que nous pouvons livrer en urgence ?

  • La France peut-elle livrer des avions, et quand seraient-ils opérationnels ?

  • Comment la France et l'Europe peuvent-elles empêcher les frappes russes sur les cibles civiles ?

  • Que doit faire l'Europe ?

  • Comment interpréter les déclarations d'Emmanuel Macron sur une intervention française ?


Les intervenants :



 

Depuis le début de l’année, plus de 4 000 drones à longue portée et presque autant de missiles balistiques ou de croisière ont frappé la population, les bâtiments civils (hôpitaux, écoles, universités, immeubles d’habitation) et les infrastructures économiques et énergétiques de l’Ukraine. Ces bombardements destructeurs ne ciblent pas les positions militaires ukrainiennes. La Russie cherche, avant tout, à terroriser la population, à désintégrer le tissu social et à provoquer l’effondrement économique de l’Ukraine, en menaçant et désorganisant chaque instant de la vie quotidienne, en interrompant la distribution de l’eau et de l’énergie, en rasant les équipements hospitaliers et éducatifs, en dévastant les installations industrielles du pays.


Pour ne prendre que l’exemple du réseau électrique, plus de 60 % des capacités de production d’électricité ont été détruites depuis le début de l’invasion. En un mois, cela représente une perte de 6 gigawatts, soit la consommation de 12 % de la population. L’objectif de Vladimir Poutine est évidemment la paralysie totale du système énergétique ukrainien lorsque viendra l’hiver 2024-2025. La tactique russe de bombardement montre également un raffinement dans la terreur imposée aux civils, puisqu’une seconde frappe intervient quelques minutes après la première, afin de viser les équipes de secours. Ces pratiques terroristes ont pour objectif d’obliger l’Ukraine à la capitulation, en tâchant de convaincre ses alliés de sa défaite inéluctable, avec l’aide des relais du Kremlin en Europe et aux Etats- Unis.


A l’obsession de Poutine, nous devons opposer fermeté et détermination, pour nous montrer à la hauteur des enjeux existentiels de cette guerre. Nous n’avons que trop tardé à livrer l’armement dont les combattants ukrainiens ont besoin, en particulier celui qui permettrait à l’Ukraine de protéger les civils des attaques aériennes meurtrières. Nous avons tous à l’esprit le récent échec de l’attaque aérienne d’Israël par l’Iran, qui a utilisé en une nuit quatre fois plus de vecteurs que la Russie ne le fait par jour.


Malgré la différence de taille des territoires à couvrir, si la protection du ciel est techniquement possible au Proche- Orient, elle pourrait l’être en Ukraine. Elle demande avant tout la détermination politique de nos gouvernements. Au moment où le front ukrainien est à court d’obus, l’arrière, c’est-à-dire les villes et les implantations industrielles, manque, lui, cruellement de moyens de défense antiaérienne.


Contribuer à l’effort


Or, si les Etats européens coordonnent et mutualisent leurs moyens, ces armes défensives sont disponibles. C’est le cas en particulier des batteries de missiles sol-air à longue portée (de 80 à 160 kilomètres) comme les Patriot américains ou les SAMP/T-Mamba franco-italiens, à même de détruire les missiles balistiques russes que l’Ukraine ne parvient plus à arrêter aujourd’hui. Aux batteries s’ajoutent évidemment les vecteurs mais aussi les indispensables radars de surveillance aérienne à longue portée (250 kilomètres) destinés à la détection et au suivi des avions, des missiles et des drones.


C’est cet ensemble qu’il faut procurer d’urgence à l’Ukraine, afin de fermer le ciel ukrainien aux missiles russes. Deuxième exportateur mondial d’armement, la France est particulièrement bien placée pour contribuer à cet effort : nous pourrions fournir au moins une batterie de SAMP/T-Mamba et les missiles Aster 30 qu’ils utilisent, ainsi que deux radars Thales GM 200. Commençons par livrer ce matériel, qui pourra être complété au fur et à mesure de sa production, et donnons la priorité à l’Ukraine dans nos exportations.


Il faut, enfin, tirer une autre leçon de l’échec de l’assaut iranien sur Israël : en association avec l’armement antiaérien, le rôle de l’aviation alliée a été décisif. La faiblesse de l’aviation ukrainienne constitue donc un point névralgique. Certes, l’Ukraine recevra cette année des avions de chasse F-16, en quantité limitée. La France, ici encore, a un rôle à jouer, en accélérant la formation des pilotes ukrainiens sur nos Mirage 2000 et en l’entamant sur nos Rafale – leurs performances sont supérieures à celles des F-16.


Plus ambitieux


Surtout, la situation réclame, à brève échéance, une évolution dans notre doctrine militaire, afin de pouvoir prendre des mesures de protection du ciel ukrainien. En effet, la France et les alliés de l’Ukraine disposent en Roumanie, en Bulgarie et en Pologne de moyens sol-air et aériens importants. Au minimum, ceux-ci pourraient être mobilisés pour intercepter les missiles qui frôlent ou franchissent les frontières de l’Union européenne.


Mais on pourrait être plus ambitieux : une coalition formée des alliés de l’armée ukrainienne pourrait engager les moyens dont nous disposons pour détecter les missiles russes en vol, grâce aux systèmes de détection et de commandement aéroporté, et pour les détruire en utilisant les missiles air-air [tirés en vol depuis un aéronef] des chasseurs français et alliés ou nos batteries antiaériennes.


La couverture qu’apporteraient, par exemple, l’aviation polonaise à Lviv ou les Français à Odessa assurerait un soutien à l’économie de ces régions et soulagerait la défense ukrainienne. Instaurer une zone de protection aérienne ne nécessite pas d’intercepter les avions russes eux-mêmes. A l’instar de la récente intervention américaine face aux bombardements iraniens, une telle opération défensive ne saurait constituer une déclaration de guerre à la Russie.


A l’heure où les Etats-Unis débloquent enfin les fonds nécessaires à une aide militaire attendue par l’Ukraine depuis six mois, l’Union européenne ne doit pas ralentir mais, au contraire, accentuer ses efforts. Nous devons comprendre que nous, citoyens européens, sommes à un tournant de notre histoire. Notre mobilisation effective est indispensable à la survie d’un monde régi par des règles communes à tous et non par la force brutale de quelques dictateurs.



Premiers signataires :

Galia Ackerman, historienne, rédactrice en chef de « Desk Russie » ;

Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur ;

Gilles Chevalier, contrôleur général des armées ;

Vincent Desportes, général de l’armée de terre ;

Jonathan Littell, écrivain ;

Pierre Raiman, historien, fondateur de l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! ;

Sylvie Rollet, professeure émérite des universités, présidente de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! ;

Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po, senior fellow au Center for European Policy Analysis (CEPA) ; Xavier Tytelman, consultant en défense ;

Michel Yakovleff, général de l’armée de terre (2S).


Autres signataires de la tribune :


Gérard Bensussan, philosophe, professeur émérite des universités

Sophie Bouchet-Petersen, ancienne conseillère d'Etat, secrétaire générale d'Ukraine CombArt

Jean-Loup Bourget, professeur émérite d'études cinématographiques à l'Ecole normale supérieure

Patrick Chevallereau, Vice-amiral 2S

Catherine Coquio, universitaire

Melodie Combot, maître de conférences (Université d'Amiens)

Didier Coureau, professeur des Universités en études cinématographiques

Paul Cruz, Candidat aux élections européennes sur la liste Parti socialiste-Place publique, chercheur en sciences politiques

Louis Daubresse, docteur en sciences humaines et sociales

Clément Fortin, candidat du Parti Pirate aux Européennes 2024

Youcef Guellil, coadministrateur de l'Association franco-Ukrainienne Volya basée à Nantes

Luba Jurgenson, traductrice, professeure de littérature russe

André Klarsfeld, secrétaire de l'association "Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !"

Catherine Hatinguais, traductrice

Yan de Keroguen, rédacteur en chef de place-publique.fr

Bertrand Lambolez, directeur de recherche INSERM

Nicole Lapierre, directrice de recherche émérite au CNRS, membre d'Ukraine CombArt

Patrick Legrain, dirigeant associé

Françoise Létoublon, professeur émérite à l'université Grenoble Alpes

Arnaud Levy, responsable de communication

Sylvie Lindeperg, historienne, professeure à l'université Panthéon-Sorbonne

Océane Lagleyze, auteur d’un mémoire universitaire sur les droits de l’enfant au cours de la guerre en Ukraine

Michel Mansoux, maire de Luzarches (95)

Pierre Marconnet, officier de réserve honoraire de l'armée de terre

Damien Marguet, maître de conférences en études cinématographiques, Université Paris 8

Anne Marleix, cheffe d'entreprise

Jean-Paul Marleix, photographe

Viktoriia Michniewicz, présidente Mriya Ukraine

Christiane Mornettas, association Champagne-Ukraine-Amitié

Florent Murer, président Kalyna

Alexis Nuselovici, professeur, Aix-Marseille Université

Frédéric Orain, adjoint au maire de Blois, candidat aux Européennes sur la liste de Glucksmann

Patrick Puges, polytechnicien

Natacha Rajakovic, politologue, expert en communication et relations internationales

Dominique Rebaud, chorégraphe, membre d'Ukraine CombArt

Marie Rebaud, trésorière de l'association Ukraine CombArt

Frédéric Robin, Association Ukr'Ngo

Charlotte Tourres, monteuse

Dominique Varma, auteure-réalisatrice

Emmanuel Wallon, professeur émérite de sociologie politique à l’Université Paris Nanterre



Signatures citoyennes :


Liste à jour au 25 mai 2024, 16h





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